Manifest
Wenn man als afrikanischer Künstler im Okzident lebt, als afrikanischer Mensch in Afrika geboren und aufgewachsen ist, ist es möglich, dass es manche Realität gibt, die nicht kontrollierbar ist. In mir waren zwei Phänomene, die sich gegenseitig ausgebreitet, aber auch bekämpft haben. Diese Auseinandersetzung habe ich täglich erlebt. Es ging um die Geschichte und den Raum.
Der Raum ist die Umgebung, in der ich mich heute befinde und die Geschichte ist zum einen meine Kultur, die afrikanische und das Leben, das mich täglich betrifft. Wie ein Schatten begleitete sie mich überall hin. Doch die Geschichte gewann immer mehr Platz, aber auch der Raum wollte dominieren. Ich hatte mich fast als Opfer in diesem Kampf gefühlt, aber die Subtilität der Überschneidungen in beidem war für mich ein Mittel, um beide Kräfte zu vereinen.
"Mandela, 27000 pieces of life's history", burnt spruce wood
Chaise, qui es-tu?
Tu me soulages, tu me berces, tu me donnes une incontrôlable hauteur. Pourquoi me fascines tu? Je ne te connais pourtant pas. LA CHAISE, es tu celle qui, faisant partie des installations domestiques, est perçue par chaque individu te possédant comme une évidence?
Il faut des chaises à la maison, autour d´une table à manger; il faut des chaises dans chaque coin de la maison et partout où l´on doit avoir accès; il en faut, il en faut et il en faut. Pourquoi en faudrait-il et pourquoi en faudrait-il même autant? Personne n´accorde vraiment de l´importance à la question encore moins à la réponse. Peut-être que l´importance de la chaise reste aussi évidente que personne ne soupçonne plus rien. Peut-être la chaise procure un tel bonheur pour l´Homme d´une façon évidente et cela depuis qu´il en a eu besoin, qu´il en voudrait davantage et partout. Mais au fait quel genre d´importance y en accorde t-il vraiment? Quel genre de bonheur procure t-elle vraiment? Peut-être le bonheur de se sentir reposé, de se sentir relaxé? Est-ce le bonheur d´en posséder plus que les autres? Ou est-ce le bonheur d´en posséder une tellement particulière que celle-ci se trouverait convoitée par tous?
Dans tous les cas, il existe effectivement une chaise sur laquelle, assis, on devrait certainement sentir un tel bonheur qu´il serait difficile de la céder. Mais quel bonheur? Serait-ce le bonheur de se sentir assis, serait-ce le bonheur de se sentir particulier, serait-ce le bonheur de se sentir puissant? Mais la question est de savoir si l´on a véritablement le bonheur lorsqu´on est assis, ou lorsqu´on est particulier ou encore lorsqu´on est puissant. Cela conduit vers la grande question de savoir ce qui adviendrait si l´on n´avait plus la chaise? Serait-il une liberté, quand on sait de loin que la liberté peut procurer une sorte de bonheur? Se sentirait-on désavantagé? Ne serait-on plus puissant? Mais est- ce qu´on n´est pas plus heureux lorsqu´on n´est pas le plus puissant?
Dans la littérature ancienne française, l´importance est donnée à la chaise tout simplement entre autre parce qu´elle permettait l´aisance de l´interlocution entre deux individus. Ainsi elle a été nommée «La Commodité de la Conversation». Cette considération lui avait octroyé des améliorations esthétiques dans sa conception. Elle a commencé à apparaître sous des formes différentes selon l´importance des personnes auxquelles elle était destinée.
Dans la société africaine traditionnelle, la chaise apparaît plus énigmatique que jamais et quoi que sa fonction universelle connue d´elle reste la même, il n´a pas été directement question d´une nécessité absolue et fondamentale en ce qui concerne son utilisation comme instrument domestique à usage quotidien. Lorsque le corps physique exprimait un besoin de repos, on pouvait s´asseoir sur tout ce qui, pratiquement, s´offrait le plus proche. Dans le cas du contraire, on pouvait s´asseoir à même le sol.
Dans cette société, la présence et l´utilisation de la chaise n´était pas une évidence; des raisons financières n'en étaient moindre car chacun pouvait se façonner de façon rudimentaire une ou des chaises pour sa case. Il était plutôt attribué à la chaise un rôle privilégié au sein et en dehors de la vie familiale. Dans la case, la seule chaise qu´il y avait, devait appartenir à l´homme, le chef de la famille et aucun autre membre ne pouvait oser s´y assoire. La femme, mère de la famille devait se contenter d´un tabouret. Seulement lorsqu´arrivait un visiteur, le chef de la famille, se pliant aux lois de l´hospitalité africaine, pouvait devoir céder sa chaise et se réduire au tabouret de la mère qui, elle, devait se rabattre sur une natte tissée de fibres végétales étalée sur le sol nu. Les enfants, quant à eux, assis par terre devaient suivre sans arrière pensée le spectacle de la hiérarchie.
En dehors de la case, la chaise contribuait au bon dénouement des palabres.
Très souvent des rencontres sont organisées pour discuter sur le devenir du village ou pour régler des palabres. Pour ce faire, chacun était appelé à apporter sa chaise. Car quiconque arriverait sans chaise se verrait refoulé parce qu´il n´accorderait pas d´importance à la réunion. Lorsqu´on veut discuter de façon intelligente et constructive, il faut se munir d´une chaise. C´est aussi un signe de respect pour soi même et pour les autres participants.
C´est peut-être ainsi qu´au fil du temps et de l´évolution de l´humanité que la chaise a gagné en considération et en importance et que l´Homme a procédé à des classifications. Il y a eu une chaise simple façonnée simplement et réduite à l´utilisation simple et par tous. Il y a eu aussi une chaise particulière faite plus grande et plus haute et à laquelle on a attribué une appellation majestueuse: trône chez les uns et siège chez les autres. Des exemples nous ont été largement offerts par les sociétés AKANS dans le Centre et le Nord-Est de la Côte d´Ivoire et par la société ASHANTIS au Ghana, où la chaise ( BIA) particulière appelée siège était d´abord hissée, suivie d´un immense cortège et présentée au peuple avant que bien après le souverain ne soie présenté.
Ces classifications ont certainement bouleversé l´ordre des grandes vertus, brouillant les lignes entre l´égalité et l´inégalité, créant du trouble dans les considérations et du coup on n´aura jamais su quand, comment, où et pour quoi on a le bonheur.
Que ferait Moi de Toi et Toi de Moi, chaise, si un jour toi et moi nous nous rencontrions?
Jems Robert Koko Bi
Rückkehr der Kinder von Gorée: Eine Performance von Jems Robert Koko Bi
Gorée ist eine Insel, die im Westen Afrikas, im Senegal, liegt. Für diejenigen, die die Geschichte Schwarz Afrikas kennen, hat die Insel eine historische Dimension, aber für diejenigen, deren Erinnerung verblasst durch die schnelle Bewegung der Zeit, soll ins Gedächtnis zurückgerufen werden, dass die Insel Gorée nicht nur das Paradies ist, in dem sich Farben, Rhythmen und Bewegungen mischen, und wo sich heute Männer, Frauen und Kinder losgelöst und frei fühlend an der Küste die Sonne genießen. Gorée ist vielmehr die Wiege einer Geschichte, die jene Zeit, Gesamt-Afrika und auch die ganze Menschheit betroffen hat: die Geschichte der Sklaverei.
Gorée war das Sammellager von Millionen Schwarzen, die auf die andere Seite des Atlantiks deportiert wurden. Heute tendiert die Evolution dazu, diese Unmenschlichkeit vergessen zu lassen, die für Afrika eine unheilbare Wunde bleiben wird. Aber wenn im Laufe der Zeit jeder nach seine Façon versucht, jene tragische Episode zu vergessen, und wenn Afrika selbst gezwungenermaßen Teil hat an diesem Prozess, so trägt heute Gorée noch die Spuren jener Epoche, besonders durch die Gebäude, die damals dazu gedient haben, Afrikas hoffnungsfrohe Kinder verschwinden zu lassen.
Diese Epoche ist vergangen und das soll so sein. Aber ich nehme mir heute vor, an jene zu denken, nicht um diesen Schmerz wiederzubeleben, sondern im Gegenteil, um eine durch die Kunst gegebene neue Situation entstehen zu lassen. Ich bin ein in Afrika geborener und aufgewachsener Künstler. Heute bin ich auf der anderen Seite des Atlantiks, in Europa, um meine Sicht der Kunst zu erweitern und auch, um andere Kulturen kennen zu lernen. Wenn ich auf der Straße oder auf den Bahnhöfen in Deutschland oder irgendwo auf dieser Seite des Atlantiks unterwegs bin, sehe ich so viele schwarze Menschen, so dass ich mich an Gorée erinnere.
Manchmal will ich Gorée zurufen und sagen, dass ihre Kinder hier und noch da und auch gesund sind. Aber mein Ruf kommt vielleicht nicht an. Deshalb wollte ich gerne dieses Leben symbolisch auf die andere Seite des Atlantiks, nach Gorée zurückschicken. 100 Köpfe aus rohem Holz gehauen, geschwärzt durch Verkohlung der Außenhaut. Sie sind auf der Insel Gorée verteilt und sind da geblieben als symbolische Rückkehr der Kinder von Gorée. Die Performance wurde in drei Momente aufgeteilt und hat ca. 120 Minuten gedauert. Der erste Teil mit Hilfe eines Bootes, eine Entfernung von ca. 150 m von den Ufern der Insel. An Bord befinden sich eine Gemeinschaft von Schwarzafrikanern und Weißen. Die gehauenen Köpfe sind mit an Bord, mit mir in einem Fischernetz. Im zweiten Teil der Aktion werden die Köpfe mit mir ins Wasser entlassen, das Netz wurde aber von der Gemeinschaft gehalten, während das Boot weiter auf Fahrt war. Es fuhr in Richtung "la Maison des Esclaves" auf die "Tür ohne Rückkehr", zu. Kurz bevor das Schiff die Insel erreicht, wurden die Köpfe, schwarze und weiße, mit mir zusammen ans Ufer gezogen und vom Netz befreit. Dort wurden alle Köpfe in einer langen Reihe aufgestellt, sie gingen durch die "Tür ohne Rückkehr", die danach geschlossen wurde. Die Kinder sind zurückgekommen. Im dritten Teil der Performance haben die Bewohner der Insel teilgenommen. Die Köpfe, die symbolisch für die zurückgekehrten Kinder stehen, suchten die Bewohner in ihren Häusern auf, um von Ihnen adoptiert zu werden.
Jems Robert Koko Bi
"Die Rückkehr der Kinder von Gorée", April 2001
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